Durante la Guerra Fría los escritores y los artistas se enfrentaron a gran reto. En la esfera soviética, se esperaba que produjeran obras que exaltaran la militancia, la lucha y un optimismo sin límites. En Occidente, la libertad de expresión era la virtud más preciada de las democracias liberales. Pero esa libertad tenía un precio. Este libro documenta el extraordinario vigor de una campaña secreta en la que algunos de los defensores más ardientes de la libertad de pensamiento en Occidente (entre otros, George Orwell, Bertrand Russell, Jean-Paul Sartre y Arthur Schlesinger, Jr.) fueron, tanto si lo sabían como si no, tanto si les gustaba como si no, instrumentos del servicio secreto estadounidense. «Una contribución esencial para la comprensión de la posguerra.» áThe Wall Street Journal «Saunders es espléndida al contar las ironías éticas y políticas de los proyectos culturales de la CIA.» áSan Francisco Chronicle «Una historia de intriga y traición, con escenas tan emocionantes como las de cualquier novela de Le Carré.» áThe Chronicle of Higher Education «Escrita con gran sentido del humor y comprensión de las circunstancias históricas.» áLewis Lapham,áLos Angeles Times Book Review «La mejor crónica de las actividades de la CIA entre 1947 y 1967.» --á The New York TimesLa campaña secreta de la CIA para infiltrarse en la vida cultural de Occidente y alejar a los intelectuales de la izquierda.Frances Stonor Saunders (Reino Unido, 1966) es periodista e historiadora. Su documental para el británico Channel Four Hidden Hands: A Different History of Modernism,ále llevó a escribir su primer libro, La CIA y la guerra fría cultural, un éxito internacional traducido a más de diez idiomas, finalista del Guardian First Book Award y ganador del Royal Historical Society's Gladstone Memorial Prize. Otros de sus libros son Hawkwood y La mujer que mató a Mussolini, una biografía de Violet Gibson, la aristócrata de origen irlandés que disparó a Benito Mussolini en 1926. Colabora en el Guardian, el New Statesman y Areté desde su casa en Londres.
Dans cette enquête historique magistrale, devenue un classique, Frances Stonor Saunders exhume, de Berlin à Paris, de New York à Rome, les archives, les témoignages et la correspondance des protagonistes pour restituer l’histoire d’un vaste programme secret orchestré par la CIA visant à arracher la vie culturelle de l’Occident et l’opinion européenne à l’influence communiste. Elle dévoile comment l’agence de renseignement américaine a financé des revues prestigieuses, organisé des festivals et des expositions, orienté les débats intellectuels et travaillé à détourner l’opinion occidentale du socialisme. Des fonds secrets, habilement dissimulés par un réseau de fondations privées, ont permis à toute une génération d’intellectuels, sélectionnés pour leur docilité idéologique ou la conformité de leurs vues, d’occuper le devant de la scène et d’installer durablement leurs catégories de pensée.
En effet, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis avaient compris que l’affrontement avec le bloc soviétique devait être aussi une bataille pour coloniser les consciences. Au centre de ce dispositif pour circonvenir ou soudoyer les intellectuels européens, se trouvait le Congress for Cultural Freedom, une organisation destinée à promouvoir les « valeurs du monde occidental » en combattant les idées communistes dans les milieux artistiques et intellectuels et qui comptait dans ses rangs les plus grands noms de l’intelligentsia : Raymond Aron, Arthur Koestler, Jackson Pollock, Igor Stravinski, Bertrand Russell, Antoine de Saint-Exupéry et des centaines d’autres écrivains, poètes, artistes et philosophes.
Sous couvert de défendre la liberté artistique et la démocratie libérale, c’est en réalité une vaste entreprise de captation des esprits qui se mettait en place, érigeant la culture en arme géopolitique.
Frances Stonor Saunders est historienne et productrice de documentaires. Diplômée de l’université d’Oxford, elle s’est spécialisée dans l’histoire culturelle et politique du XXe siècle. Le présent livre est devenu une référence internationale pour comprendre les relations entre culture, pouvoir et propagande durant la Guerre froide.
Traduction de Jean-Paul Batisse
Sem comentários:
Enviar um comentário